Faire des RH internationales : une vocation née bien avant mon premier job

L’international pour certain·es, c’est une aventure.

Pour moi, c’est un fil rouge, une évidence, une construction naturelle qui a commencé bien avant ma première ligne sur un CV.

Aujourd’hui, je suis consultante indépendante en mobilité internationale, j’ai fondé With My Expat Compass et Forwards International HR, et j’aide entreprises et expatrié·es à faire de leurs mobilités une réussite humaine et stratégique.

Mais si on me demande "Comment tu es arrivée là ?"… il faut remonter à bien plus loin.


L’international : mon cadre de référence depuis l’enfance

Je suis née et j’ai grandi dans le Limousin, région marquée par l’Histoire.

En Limousin, on a tous quelqu'un dans notre cercle proche qui a été touché par Oradour sur Glane ou Tulle.

Chez moi, on ne parlait pas l’international comme d’un rêve lointain : c’était notre quotidien.

Et ce malgré ce passif historique lourd.

Mes parents étaient investis dans un comité de jumelage entre notre ville et une ville bavaroise.

Un projet profondément humain, qui visait à reconstruire des liens d’amitié, génération après génération, malgré les blessures laissées par la guerre.

Très tôt, j’ai compris que l’international n’était pas qu’une carte ou une langue étrangère :

C’était une culture partagée,

Une histoire commune,

Et surtout, des relations humaines qui durent.

Avec le temps, les liens avec nos ami·es allemands sont devenus ceux d’une deuxième famille.

Une famille qui, lors du décès de ma mère, a été là. Vraiment là. Présente, bienveillante, solidaire.

Cette expérience m’a marquée à vie : la mobilité humaine ne se résume jamais à un visa ou à un billet d’avion. Elle touche à l’intime.

De la fac de droit… au choix du cœur

En 3e année de Licence de Droit, je me suis trouvée à ce carrefour classique : poursuivre vers les carrières traditionnelles (avocat, notaire…), ou écouter mon instinct.

Et même si, aujourd’hui, mon cœur a été volé par un notaire, je savais déjà que ce n’était pas ma voie.

J’étais passionnée par :

  • le droit du travail,

  • le droit international,

  • et ce besoin viscéral de connecter les gens au-delà des frontières.

J’ai ciblé un master très spécifique : le seul à l’époque qui traitait de mobilité internationale et de droit social. J’ai bossé dur, je l’ai décroché.

Une conviction : vivre ce que je conseille

Dès mes premiers stages, une évidence m’a frappée :

Je ne voulais pas faire de la mobilité internationale depuis un bureau parisien, sans jamais l’avoir vécue moi-même.

Je ne voulais pas rédiger des politiques RH sans comprendre les réels enjeux d’un départ, les peurs, l’adaptation, la perte de repères… et les leviers de réussite.

Ce que je refusais :

  • Les séminaires “expat” en mode Club Med,

  • Les business trips aseptisés à l’hôtel Marriott,

  • La superficialité RH qui réduit l’international à une case Excel.

J’ai commencé à postuler à l’étranger. Pendant des années.

Mais quand on est jeune, très spécialisée, et qu’on ne coche pas toutes les cases locales, c’est très difficile.

À la limite du VIE… j’ai posé mes conditions

J’étais à quelques mois de ne plus être éligible au programme VIE (Volontariat International en Entreprise).

Et ce jour-là, j’ai été claire avec mon employeur de l'époque Atos, qui souhaitait me garder en CDI:

"Je veux partir. Et pas dans un pays confortable. Je veux une vraie claque culturelle."

On m’a proposé l’Inde car un nouveau projet de digitalisation critique pour l'équipe Mobilité Internationale avait besoin d'un relais.

Mais également car l'Asie et l'Inde en particulier étaient alors une vraie boite noire.

On ne savais pas comment étaient gérés les expats là bas.

Et avant d'intégrer il fallait connecter.

Le projet était challenging, dans un pays où je n'avais aucune attente à part découvrir, et m'ajuster ... certainement au maximum.

Alors, je n’ai pas hésité une seconde.

L’Inde : le tournant

Prévue pour un an, ma mission s’est prolongée… jusqu’à durer cinq ans.

L’Inde a été, à la fois, un défi, une leçon de vie, un miroir et un déclencheur.

Ce n’est pas moi qui ai choisi l’Inde. C’est l’Inde qui m’a choisie.

J’y ai appris :

  • à déconstruire mes repères,

  • à gérer des RH à très grande échelle,

  • à intégrer des enjeux business, culturels et humains de manière fluide,

  • à accompagner des mobilités complexes avec efficacité… et humilité.

Aujourd’hui : entrepreneure et libre d’exercer mon métier… à ma manière

Ce que l’Inde m’a appris ne m’a jamais quittée.

Aujourd’hui, 40 % de mon activité est encore en lien avec ce pays.

Et grâce à l’entrepreneuriat, j’ai désormais le luxe et la liberté de choisir mes zones d’intervention :

Inde, Asie, États-Unis.

Je travaille avec des entreprises françaises qui veulent se déployer à l’international avec impact.

Mais aussi avec des expatrié·es et conjoints d’expatrié·es qui veulent vivre une mobilité plus alignée, plus fluide, plus humaine.

Et définitivement mes capacités d'adaptation "indiennes" me servent au quotidien.

Mais également ma capacité à observer, à comprendre l'humain et ce dans un cadre interculturel.

Mon approche : concrète, stratégique, humaine

Je ne vends pas du rêve.

Je ne fais pas de la RH PowerPoint.

Je construis des stratégies concrètes.

Des politiques de mobilité adaptées aux vrais terrains.

Des accompagnements individualisés pour que les transitions se passent bien, pour les entreprises comme pour les personnes.

Avec exigence.

Avec bienveillance.

Et sans jamais oublier que derrière chaque mobilité, il y a une vie, un couple, une famille, un projet.


Mon mantra : Je n’avais pas de plan. Et pourtant, tout prend sens.

Aujourd’hui, je suis exactement là où je dois être.

Et même si ce parcours n’a rien de linéaire, il est profondément cohérent.

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Dernière de promo à trouver un stage… et pourtant.