Dernière de promo à trouver un stage… et pourtant.
Un départ raté… ou une trajectoire révélée ?
Quand on pense à un début de carrière « réussi », on imagine souvent un parcours fluide : une offre de stage décrochée dans les temps, un nom prestigieux sur le CV, et une montée en puissance bien balisée.
Mais parfois, la réalité nous prend à contre-pied.
Et c’est justement dans ces bifurcations imprévues que naissent les plus belles histoires.
C’est ce que j’ai compris… bien plus tard.
Pas sur le moment – bien au contraire.
L’histoire commence un peu avant Noël
À l’époque, je suis en Master 2 Droit Social, spécialité Mobilité Internationale, à l’Institut des Études du Travail de Lyon. Les partiels approchent, et autour de moi, mes camarades de promo commencent à respirer un peu plus librement : leur stage est trouvé, le contrat signé, la pression retombée.
Moi aussi, je crois avoir coché cette case : après plusieurs mois de recherches, j’ai décroché un stage dans un Big Four.
C’est la consécration, non ? Ou du moins, c’est ce qu’on pense à ce moment-là.
Sauf que…
Le gel de mon recrutement
Au retour des congés de fin d’année, tout s’effondre.
Un "internship freeze" vient d’être annoncé.
Ma convention ne sera jamais signée.
Je dois tout recommencer.
Pendant que les autres révisent, moi je scrute LinkedIn, les sites carrières, les groupes Facebook, les anciens de promo.
Je passe des entretiens dans l’urgence, avec cette question obsédante en toile de fond :
Vais-je réussir à valider mon diplôme ?
Mi-mars, in extremis, une réponse positive tombe.
Je commence début avril, dix jours après mes examens.
Le nom de l’entreprise ? Valeo.
À l’époque, ce n’est pas un nom qui fait rêver une juriste ambitieuse en RH.
Mais aujourd’hui, je sais à quel point ce “plan B” allait devenir un tremplin.
Une immersion directe dans le concret… et dans l’international
Chez Valeo, je découvre un univers à mille lieues des cases théoriques.
Une culture industrielle, innovante, en mouvement permanent.
Un RH incarné, transversal, stratégique.
Très vite, on me confie :
Des projets internationaux (Inde, Chine, Brésil)
Des exercices de bonus et de stocks options : première incursion (inattendue) dans le monde du Compensation & Benefits
Un stage ouvrier sur la ligne de production, immersion directe dans la réalité sociale de l’entreprise
Et puis, arrive un tournant inattendu : ma tutrice, Pascale Orjubin, change de poste.
@Pascale Orjubin restera une mentor précieuse.
@Gino Balderacchi prend le relais avec justesse, exigence et bienveillance.
On me fait confiance.
Je suis propulsée en autonomie.
Je gère seule certains volets des dossiers d’expatriation.
Et à l’issue du stage, on me propose un contrat court de 3 mois pour assurer la transition des dossiers vers le siège, dans un contexte de réorganisation.
Ce n’était pas prévu. Ce n’était pas “dans les cases”.
Mais c’était parfait.
De cette expérience est né un fil rouge
J’ai adoré :
→ travailler avec les RH locaux
→ collaborer avec les équipes finances et les opérationnels
→ participer à des projets RH internationaux avec un impact concret
Ce que j’ai compris à ce moment-là, c’est que ce qui m’anime profondément, c’est mettre les RH au service du business et des humains.
Et ce fil rouge ne m’a plus jamais quittée.
Même lorsque j’ai bifurqué vers un cabinet d’avocats, ou vers un Big Four.
Ma boussole restait orientée vers le terrain, l’opérationnel, le sens.
Ce que je transmets aujourd’hui
Chaque année, je partage cette histoire avec mes étudiant·e·s.
Parce qu’elle illustre une vérité qu’on oublie trop souvent :
Ce que l’on vit comme un échec sur le moment est parfois une redirection.
Avec le recul, je suis convaincue que si j’avais intégré ce Big Four, je n’en serais peut-être jamais sortie.
J’aurais peut-être fait une belle carrière…
Mais j’aurais manqué l’essentiel de ce qui fait ma passion aujourd’hui :
le RH du réel, du concret, de l’humain.
En conclusion : à toi qui doutes aujourd’hui
Tu es peut-être en début de carrière.
Ou en reconversion.
Ou en train de remettre en question ton prochain virage.
Et tu te dis peut-être :
“Je suis en retard.”
“Je ne trouve pas.”
“Je me suis planté·e.”
Alors laisse-moi te dire ceci, sans formule magique mais avec beaucoup de sincérité :
Tu n’es pas en retard.
Tu es peut-être simplement en train de changer de direction.
Et cette direction, même si elle semble imprévisible aujourd’hui,
pourrait bien te mener exactement là où tu dois être.
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Et si tu veux en discuter, mes messages sont toujours ouverts.
On a tous connu des détours. Mais certains sont pleins de sens